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]]>Tabatière en verre
Tabatière en verre peinte à l’intérieur d’une scène continue illustrant les huit chevaux de l’empereur Mu Wang paissant sous un arbre dans un paysage. Elle porte l’inscription : 辛未秋日以應實卿先生清玩 葉仲三作 – Xin wei qiu ri yi ying shi qing xian sheng qing wan Ye zhong san zuo –
« Un objet précieux pour Monsieur Shiqing, automne de l’année xin wei (1931) »
Suivie d’un sceau de l’artiste.
Famille de Ye Zhongsan, Apricot Grove Studio, Beijing, xin wei, 1931
H: 5,8 cm
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]]>Tabatière en céramique blanche
Tabatière en forme d’une petite jarre cylindrique en porcelaine blanche et bleue sous couverte, le col légèrement évasé, à décor continu représentant les huit chevaux de l’Empereur Mu Wang paissant autour d’un saule pleureur, l’un se roulant dans l’herbe. Trois frises de rinceaux stylisées, de fleurs, feuilles et boutons de lotus, puis de têtes de « ruyi » ornent le col et l’épaulement.
Marque apocryphe Qianlong à six caractères en bleu sous couverte à la base.
Chine, première partie du XIXe siècle.
Hauteur : 5,3 cm
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La représentation des huit chevaux de l’Empereur Mu Wang porte le nom de « Bā Jùn Tú » 八骏图 que l’on peut traduire par « Les huit fougueux chevaux ».
Ce thème populaire dans l’iconographie chinoise, apparait sur les tabatières à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, sculpté sur des agates ou des jades, émaillé sur des flacons en porcelaine d’époque Daoguang (1821-1850), puis peint à l’intérieur de tabatières en verre ou cristal de roche à partir de la fin de XIXe siècle.
Le motif prend sa source dans le conte du Roi Mu (周王傳).
Cet ouvrage narre les voyages du célèbre empereur Zhōu Mù Wáng (周穆王), cinquième empereur de la dynastie Zhou (1046 -256 av. J.-C.), connu pour avoir généré de grands changements au sein de l’Empire du Milieu et régné près de 55 ans.
Mu rêvait d’être immortel et, très déterminé, se rendit à Kūnlún (崑崙), au « Jardin des Pêches Immortelles au Pilier de Jade » pour goûter à ces fruits pouvant lui procurer une vie éternelle. Il y rencontra la belle Xīwángmǔ (西王母) « la Reine Mère de l’Ouest » propriétaire du lieu.
Pour faire ce long voyage, un courageux aurige nommé Zào Fù (造父) mena le Roi grâce à son char tiré par huit magnifiques chevaux.
Chaque cheval, nommé d’après la couleur de sa robe, véhicule une signification et un symbolisme de bon augure et représente la valeur et les vertus incarnées par le vénéré roi Mu.
Ainsi sont-ils nommés et symbolisés :
– Hua Liu (骅骝), un cheval rouge à la crinière noire, est associé aux entreprises prospères.
– Lu Er (騄耳), un cheval jaune-vert, est lié aux rangs nobles.
– Chi Ji (赤骥), un cheval rouge, est lié à la richesse.
– Bai Xi (白羲), un cheval blanc pur, représente la longévité et l’amour.
– Qu Huang (渠黄), un cheval jaune, est l’incarnation de la sagesse.
– Yu Lun (逾轮) est un cheval de couleur lilas qui est capable de courir un millier de Li chinois.
– Dao Li (盗骊) est un cheval noir pur qui peut tirer parti de n’importe quelle situation.
– Shan Zi (山子), un cheval blanc cassé, symbolise le bonheur et l’harmonie.
Après avoir courageusement conduit l’Empereur de contrées en contrées, les destriers furent finalement libérés et autorisés à retrouver la liberté.
Dans l’iconographie, un des huit chevaux est souvent représenté sur le dos les jambes en l’air, se roulant à terre, symbolisant la libération de tout harnachement et joug.
Le conte de Mu, avec tous ses symboles de vertu et de bon augure a initié le thème des « Huit chevaux de Mu Wang ». Il devint un sujet populaire repris par les poètes et artistes chinois au cours des dynasties puis une représentation plus développée à la fin des Ming, sous les Qing notamment sur porcelaine, cristal, jade, ivoire, bronze, textile, peinture…et continue d’inspirer de grands peintres chinois des XXe et XXIe siècles.
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Parmi les œuvres d’art créées au XVIIIe siècle, toute une génération d’amateurs d’art se passionnèrent pour les chiens et plus particulièrement pour les carlins, à tel point que toute personne de qualité se devait d’en posséder, et de les représenter en tableau ou en sculpture.
Le carlin est une race de chien provenant de Chine et arrive en Europe par la « Dutch East India Company » au XVIe siècle. Son nom vient du comédien Carlo Antonio Bertinazzi qui jouait le rôle d’Arlequin avec un masque noir.
C’est un petit chien à poil ras au corps massif, bas sur pattes et avec un museau aplati. Il a un côté « snob » et aime le luxe, mail il est aussi comique et joueur, aimant faire le clown.
Il devient le chien favori des grandes Cours d’Europe comme celle de William d’Orange, la princesse Elisabeth Holstein, Louis XIV, Louis XV et Madame de Pompadour, Marie-Antoinette etc. … Le carlin a été aussi le chien préféré de la famille Bonaparte, Lucien en avait une douzaine, la Reine Victoria (1819-1901) en possédait environ trente-huit. Au XIXe siècle, les carlins sont devenus les chiens favoris de la bourgeoisie croissante.
Le carlin, chien préféré de la société, a été choisi comme symbole franc-maçonnique, sans doute parce que c’était un chien étranger pas comme les autres, et considéré comme exotique. Il était appelée Mops en Allemagne et en Russie.
L’ordre des Francs-maçons a été excommuniée par le Pape Clément XII en 1736, et pour palier à cette interdiction, les Allemands ont fondé vers 1738/1740 une société secrète qui a pris le nom de Mops (ordre des carlins). Cette loge permettait ainsi aux membres de la franc-maçonnerie de pouvoir continuer à se réunir. En 1754, les loges étaient au nombre de 19.
Cet ordre était des plus pittoresques et avait cette idée de liberté et d’égalité entre les membres qui étaient issus en majorité des familles nobles de Saxe et de la Cour. C’était un des seuls ouvert aux femmes qui avaient un pouvoir équivalant aux hommes. Est-ce pour cela que les paires de carlins en céramique représentent un mâle et une femelle ? (Photo 1)
Au XVIIe siècle, pendant la période Baroque où la haute société dominait les pays et les peuples, la vie de Cour était basée sur la bonne conduite, la courtoisie, la conversation et les bonnes manières.
Avec le Rococo au XVIIIe siècle, tout était élégance, politesse, charme, beauté et sensualité. C’était aussi pour les Allemands le siècle de la galanterie, entendons par là le siècle des cadeaux, des présents d’objets d’art ou objets de vertu, luxueux et raffiné, que l’on offrait à une dame en gage de politesse.
Photo 1 -Meissen 18e
Dans la peinture, les carlins sont généralement représentés près de leur maître.
Parmi les premières sculptures connus, citons deux bronze de carlins femelles attribués à Hubert Gerhard (1540-1620) conservés au musée de Kassel. (Photo 2)
Les premières statuettes en porcelaines sont de Meissen (Saxe) et datent de 1734. De modèles différents, ils ont des postures variées. (Photo 3) Inspiré par une sanguine de Nicolas Lancret, le carlin complète les couples galants des 1736. (Photos 4 et 5)
Photo 2 – Carlin en bronze
Photo 3 – Carlin en relief
Photo 4 – Couple galant avec carlin
Photo 5 – Couple galants
Puis vers 1741, créations en différentes tailles d’un couple de carlins assis, un male et une femelle et son chiot qui tète. (Photo 6)
A partir de 1745, les paires de carlins avec ou sans collier -parfois peint en bleu qui était aussi un des symboles de l’ordre des Mops-, avec ou sans cloches, sont présentées sur une terrasse ornée de feuillages et brindilles fleuris ou sur des coussins. D’autres modèles de carlin vont voir le jour à la même époque dont un carlin sur ses quatre pattes d’après le tableau de J-B Oudry. Les carlins acquièrent une place importante dans la production de porcelaine à Meissen et sont principalement de la main de Johann Joaquim Kändler (1706-1775), le plus grand modeleur de porcelaine de l’histoire, qui travailla toute sa vie à la manufacture. Il s’entoura d’une équipe brillante : Peter Reinicke, Johann Gottlieb Ehder et Johann Friedrich Eberlein.
Les carlins de porcelaine sont aussi, grâce au talent des peintres, réalistes et représentent bien cette race aux larges yeux en saillie, des oreilles écourtées et une queue repliée. Parmi les objets de vertus, signalons des boîtes, des tabatières avec des scènes peintes représentant des carlins ou en relief sur des couvercles, ou des boîtes en forme de tête de carlin. Très expressifs, tous ces animaux, figurines et groupes étaient destinés soit pour la table, pour le plaisir des yeux et stimuler la conversation, ou à être exposés dans les salons et appartements.
Photo 6 -Meissen 18e
Si la fabrique de Meissen a été influencé par la Chine (photo 7) et le Japon, elle a ensuite inspiré les autres manufactures européennes. Citons en Europe, l’Angleterre avec Chelsea, Derby, Minton, Staffordshire, l’Autriche (Vienne vers 1746), la Belgique (Tournai en faïence (photo 8) et en porcelaine), la France avec la faïence de Lille (photo 9), la faïence fine de Pont-aux-choux (Paris), la faïence (photo 10) et porcelaine de Strasbourg, la porcelaine tendre de Vincennes, Mennecy et Samson (Paris) au XIXe siècle (photo 11), l’Italie avec Capodimonte (Naples) et sa porcelaine tendre vers 1748-55 et d’autres manufactures allemandes (porcelaine de Höchst, Frankenthal, Nymphemburg, faïence de Schrezheim (dans le Württemberg), porcelaine de Friedberg au XIXe siècle), etc.
Photo 7 – Carlin Chine
Photo 9 – carlins faïence Lille
Photo 8 – Chiens Tournai
Photo 11 – Carlins 19e Sanson Paris
Photo 10 – Carlin faïence Strasbourg
Beaucoup de carlins en céramique ont été montés en bronze doré et entourés de fleurs en porcelaine par les marchands merciers parisiens. Ils sont souvent comparés au « chien de Fö » chinois.
Le carlin est considéré comme un ornement attractif et a été immortalisé en porcelaine ou en faïence et reste aujourd’hui un symbole de survivance de l’ordre des Mops. Il ne faut pas pour autant associer à cet ordre maçonnique tous les groupes galants accompagnés d’un carlin principalement en porcelaine de Meissen ou en faïence, néanmoins certains groupes ont été spécialement faits dans ce sens. Produit en porcelaine, porcelaine tendre, faïence et faïence fine, mais aussi en émail et même en bois, ces productions illustrent le goût pour ces chiens.
Le rôle de l’expert consiste à déterminer l’authenticité des ces animaux car cette passion a continué au XIXe et XXe siècle, ainsi que leur production en miniature. Si les moules restent identiques, le procédé de coulage de la porcelaine est différent ainsi que la peinture et les couleurs.
Seul la manufacture Samson à Paris a su imiter à la perfection les carlins du XVIIIe siècle.
Vers 1900, Gallé a innové avec un carlin debout plus naïf, de grande taille, la tête levée et aux oreilles un peu plus développées.
Ouvrage consulté :
The T&T Collection, Porcelain Pugs, A Passion, ouvrage collectif sous la direction de Claire Dumortier et Patrick Habets, Yale University Press, 2019
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